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Irresponsables

Ils pourraient parodier leur fameux mot du temps du sang contaminé et nous dire, comme on présente son coupe-file : “Irresponsables, pas coupables”. Cela sonnerait juste, parce que la France du temps présent, ses élites, n’en finit pas de s’effondrer avec une certaine lenteur épuisée, avec contrition proclamée, dénégations, impuissance, soupirs réformistes et discours chantonnant le rythme “sociétal”, les jambes trop courtes pour se retenir de toucher le fond, le souffle si court qu’elle se noierait dans un verre d'eau à moitié vide.

 

On dit bien “la France”, et pas Cahuzac, Ayraud, Hollande ou Tartempion, ou bien Libération, Le Grand Journal & Le Figaro, ou bien Copé, Sarko & Compagnie… Il n’y en a pas un pour accrocher le regard et faire naître le goût de la malédiction, pour susciter des réflexions hautes, pour vous plonger dans un abîme de méditation grave et insondable sur la décadence des grandes choses, sur la façon dont les civilisations abandonnent leur histoire, sur le sens de cette civilisation-là devenue contre-civilisation. Il n’y en a pas un, pour le moment,  qui soit à la hauteur.

 

On aurait pu écrire ces mots sans nécessité de l’incident du jour, mais il se trouve que le larron fait l’occasion. Le Cahuzac arrogant, portant beau, brillant, insupportable et magouilleur, soudain plongé dans un abîme de désespoir effondré et pour la vie duquel les rares amis qui lui restent expriment toutes les craintes possibles. Qu’on ne compte pas sur le chroniqueur pour pilonner le coupable, car ce n’était qu’un irresponsable comme eux tous. L’indignation qui s’élève c’est celle de la panique générale qui s’empare d’eux ; ce que Cahuzac a fait, affichant le soi-disant “mensonge d’État” comme manière d’être, – ce qui supposerait que l’État existe encore, – c’est témoigner symboliquement que le roi devenu République est nu.

 

Ils ne sont pas “tous pourris”. Ils sont seulement de leur temps présent, de la même matière folle et médiocre, sans rien qui dépasse, bien en rang, “bien pliés” comme ils disent. Je me demande même s’ils sont aussi vils qu’ils le paraissent. Ils sont peut-être seulement prisonniers du système et de l'époque et disons le, des contingences humaines.

 

Il n'empêche, est-ce vraiment une raison pour se résigner ?

 

Ou au contraire une raison de plus de se révolter vraiment, de s'organiser pour le prendre, ce pouvoir, de l'enlever à cette oligargie qui nous écrase , nous humilie et nous vole nos vies, cette oligargie qui écrase, humilie et nous vole notre pays.

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<br /> Jérôme Cahuzac aurait tenté de déposer 15 millions d’euros dans un éne serait pas seulement 600 000 euros mais 15 millions que Jérôme Cahuzac a tenté de placer en Suisse, selon des<br /> informations de la RTS obtenues auprès de sources bancaires.<br /> <br /> <br /> Selon les informations de la RTS, l’ancien ministre du Budget français Jérôme Cahuzac aurait tenté de déposer 15 millions d’euros à Genève dans un établissement de gestion financière, en<br /> 2009.<br /> <br /> <br /> L’établissement aurait refusé, par crainte de complications ultérieures, Jérôme Cahuzac étant une personnalité exposée politiquement, selon les sources bancaires recueillies par la<br /> rédaction de la RTS.<br /> <br /> <br /> Transfert vers Singapour<br /> <br /> <br /> En 2009, comme la Suisse se déclarait prête à accorder l’aide judiciaire en cas d’évasion fiscale, Jérôme Cahuzac a estimé que sa situation à Genève devenait dangereuse. Cherchant un<br /> moyen de mieux cacher ses avoirs, il a finalement demandé à Reyl et Co, son gestionnaire depuis 1993, de transférer les fonds sur un compte "omnibus" à Singapour, auprès de la filiale de<br /> la banque Julius Baer.<br /> <br /> <br /> Concernant les montants actuels connus par la justice, le procureur genevois Yves Bertossa estime que "la documentation saisie tend à confirmer les explications de Jérôme Cahuzac", qui<br /> faisait état, dans ses aveux publics, d’une somme de 600 000 euros.<br /> <br /> <br /> Si elle se confirme, la somme de 15 millions indique que des sommes plus importantes auraient été déposées ou transférées par Genève dans les années précédentes. Le montant de 15 millions<br /> correspond au chiffre déjà donné par Edwy Plenel, le co-fondateur de Mediapart, selon des sources du site d’Information qui avait révélé l’affaire.<br /> <br /> <br /> Un certificat fiscal falsifié<br /> <br /> <br /> Les révélations sur le volet suisse de l’affaire Cahuzac se multiplient depuis une semaine. L’enquête d’Agathe Duparc pour la RTS et le Monde a révélé que c’est Philippe Péninque, un ami<br /> de longue date de Jérôme Cahuzac, qui a ouvert pour lui un compte à l’UBS en 1992.<br /> <br /> <br /> Par ailleurs, l’ancien ministre français du Budget aurait trompé la banque Julius Baer, en fournissant un "certificat fiscal falsifié", écrit le Tages Anzeiger, citant ses<br /> propres sourcestablissement genevois<br /> <br />
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