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3 Février 2015
« Suite à la victoire historique de Syriza et du mouvement anti-austérité et anti-mémorandum du 25 janvier, les premiers pas du nouveau gouvernement semblent aller dans la direction des engagements pré-électoraux de Syriza vis-à-vis du peuple grec ». Un premier bilan à chaud de l’élection de Syriza par un collectif mêlant plusieurs militants animant Initiatives solidarité Grèce.
Tout d’abord, un certain nombre d’actes certes importants bien qu’essentiellement symboliques:
Puis un certain nombre de mesures annoncées par les nouveaux ministres qui défient ouvertement l’orthodoxie de la troika et les diktats des élites européennes:
Ces annonces (qui devront bien entendu être suivies de faits) ont fait chuter la bourse d’Athènes de plus de 15% en 3 jours.
Il faut y ajouter l’opposition de Tsipras au projet de communiqué de l’UE exigeant un renforcement des sanctions envers la Russie (communiqué retiré depuis), ainsi que l’annonce de la nouvelle ministre en charge de l’immigration, stipulant que tout enfant d’immigré né en Grèce sera octroyé la nationalité grecque.
En revanche, sur le plan de la renégociation de la dette, les nouvelles sont beaucoup moins réjouissantes: l’équipe économique est composée de sociaux-démocrates “réalistes”, on n’entend plus trop parler d’annulation de la moitié de la dette et le discours qui prédomine “ni soumission, ni rupture”, “compromis honnête”, “gagnant-gagnant” ne semble mener nulle part.
Concernant l’alliance avec le parti de la droite nationaliste anti-Troika”Grecs Indépendants” qui a fait couler plusieurs larmes de crocodiles parmi certains “progressistes bien-pensants”, ce n’est évidemment pas une bonne nouvelle. Il faudra ne pas oublier qu’il s’agit d’un parti conservateur, nationaliste, qui a voté contre la levée de l’immunité des députés de l’Aube dorée, accusés de crimes. Cependant, ayant manqué de peu la majorité absolue au Parlement et étant donné l’obstination du KKE (le PC grec) à refuser une quelconque négociation, Syriza n’avait d’autre alternative (à moins de forcer de nouvelles élections, un pari risqué) que de s’appuyer sur ce parti hétéroclite issu de la Nouvelle Démocratie lorsque celle-ci a adopté le mémorandum. Il faut tout de même noter que depuis leur création en 2011, les “Grecs Indépendants” se sont opposés à toutes les lois mémorandaires et ont contribué à la convocation des élections en ne votant pas pour le Président de la république malgré les tentatives de soudoyer leurs députés. Ils ont par ailleurs déclaré adhérer à 100% au programme de Thessalonique de Syriza.
On attend avec impatience (et vigilance) la présentation du programme officiel du gouvernement au Parlement dans les jours qui viennent et surtout le début de la vraie négociation avec les créanciers…