Aucun gouvernement n’avait osé jusqu’alors administrer une telle dose d’austérité aux classes moyennes et populaires. Mêmes les « exclus », d’habitude exempté des efforts, sont inclus dans le plan Valls avec un véritable « gel de masse » qui rappelle les plans mis en œuvre en Espagne et au Portugal.
Le Premier ministre s’est même permis de prendre les Français pour des imbéciles en économie en prétendant qu’il ne s’agit pas de « faire baisser les prestations », alors que chacun en France aura bien compris qu’une non-revalorisation du niveau de l’inflation équivaut à une baisse du pouvoir d’achat.
L’effet du gel des pensions de base de la sécurité sociale viendra s’ajouter à celui des retraites complémentaires décidées pour 2014 par les partenaires sociaux. Celui du point d’indice de la fonction publique renforcera les pertes de salaires réels. Une étude de l’Insee, publiée ce jour, sur les revenus des agents de l’Etat révèle d’ailleurs que ceux-ci ont subi une chute de leurs revenus dès l’année 2012, suite au gel décidé en 2010 ! Cette année, les fonctionnaires, hors catégorie C, soit plus de 3 millions de personnes ont vu leur « net à payer » baisser au mois de mars, à cause de la perception d’une cotisation retraite supplémentaire ! Un fait passé jusqu’à présent inaperçu des médias …
Les mesures révélées ce matin devrait rapporter entre 2 et 3 milliards d’euros. D’autres suivront comme une action sur les dépenses de maladie et les agences de l’Etat. Mais d’ores et déjà les députés, qui ont voté la confiance au gouvernement Valls, connaissent le montant de la douloureuse pour des catégories sociales que le PS et la gauche s’étaient toujours engagés à épargner. Selon Christian Paul, nombre de ses collègues se disent « atterrés » par les arbitrages de l’Elysée et Matignon. Les mêmes députés néanmoins devront formellement approuver ces coupes lors du vote sur le nouveau programme de stabilité de la France, contenant le détail des 50 milliards d’euros d’économies sur trois ans, qui sera présenté au conseil des ministres le 23 avril, puis soumis au vote de l’Assemblée nationale le 30 avril. A ce moment-là, chaque voix risque de compter…
HERVÉ NATHAN